Tout a commencé par une erreur d’aiguillage.
Je faisais mes études à La Sorbonne, en 2004, quand je franchis les portes d’association sportive avec un objectif en tête : devenir champion olympique de lutte. Le rugby, lui, n’était qu’un sport que j’admirais de loin, presque avec curiosité, sans imaginer qu’il deviendrait un jour central dans ma vie.
Puis il y eut une rencontre. Un entraînement. Une ambiance.
Et ce qui devait être un simple détour devint une trajectoire.
Pendant quatre ans, j’ai appris à jouer, à perdre, à encaisser — mais surtout à faire corps avec une équipe. Nous étions loin des standards professionnels : terrains approximatifs, entraîneurs improvisés, moyens limités. Rien ne nous prédestinait à aller plus loin.
Mais nous avions autre chose.
Une énergie infinie. Une envie féroce. Une forme d’insouciance aussi, qui nous poussait à tenter malgré les risques.
Match après match, victoire après victoire, défaite après défaite, quelque chose s’est construit. Une cohésion. Une confiance. La conviction discrète que, peut-être, nous pouvions aller plus loin que prévu.
Jusqu’au jour où nous efforts ont fini par payer : nous avons atteint le championnat élite.
Ce n’était pas seulement une performance sportive. C’était l’aboutissement d’un chemin improbable, fait de détours, d’échecs constructifs, de nombreux doutes, de persévérance et de solidarité.
J’ai compris alors qu’un exploit ne se mesure pas seulement à une victoire.
Il se mesure à la distance parcourue entre le point de départ — souvent incertain — et celui où l’on ose enfin croire que tout devient possible.