Pourquoi je suis devenue écrivaine-biographe ?
Depuis toujours, les histoires me fascinent. Celles que l’on invente, bien sûr, mais surtout celles que l’on a réellement vécues. Voici comment elles sont devenues le fil conducteur de ma vie.
Il était une fois...
… une petite fille qui adorait les histoires. Celles que l’on raconte au coin du feu lors des longues soirées d’hiver. Celles que ses parents lui murmuraient à l’oreille le soir, avant le passage du marchand de sable. Ou encore, celles qui prenaient vie dans la cour de récréation. Récits d’aventure, contes de fées, nouvelles extraordinaires… Autant de mondes infinis dans lesquels la petite fille aimait se perdre.
Mais sa plus grande gourmandise, c’étaient les souvenirs fantastiques dont ses grands-parents la régalaient à chacune de leurs retrouvailles, promesses d’un merveilleux voyage dans le temps.
En grandissant, la petite fille – plus si petite d’ailleurs – eut à son tour envie de raconter des histoires. Pas n’importe lesquelles : celles des autres, à la manière de ses grands-parents qui, en remontant le fil de leur mémoire pour livrer de fabuleuses anecdotes, convoquaient une foule d’émotions. Des instants magiques que la petite fille devenue grande souhaitait revivre à l’infini.
Au service des histoires
C’est ainsi que j’ai choisi de faire de l’écriture mon métier.
Une hypokhâgne, puis des études d’espagnol m’ont menée aux concours d’entrée aux écoles de journalisme. Ce qui me passionnait, ce n’était pas tant de relater l’actualité que de recueillir des témoignages, des confidences, des instants de vie. Des récits uniques et pourtant universels, qui résonnaient auprès des lecteurs.
Pendant plus de quinze ans, j’ai exercé dans le domaine de la culture, au sein d’un cabinet ministériel puis de grandes institutions consacrées au livre et au cinéma.
Au fil de ces années, j’ai eu le privilège de rencontrer des artistes, des écrivains, des réalisateurs, mais aussi des femmes et des hommes dont les parcours m’ont profondément marquée. Chacun m’a confié une part de son histoire, et tous m’ont marquée par la générosité de leurs propos.
Quand la plume réclame plus
Pourtant, au fil du temps, j’ai ressenti comme un goût de trop peu.
Ces récits que je recueillais étaient souvent contraints par le format d’un article ou d’un entretien. Quelques pages, quelques milliers de signes… et il fallait déjà refermer le carnet.
J’avais le sentiment de quitter une histoire avant qu’elle n’ait eu le temps de se déployer.
J’avais envie de plus : plus de temps, plus d’histoire, plus d’écoute. Ma plume semblait inassouvie.
Un beau jour, l’évidence s’imposa : la vie des autres me captivait. Alors pourquoi ne pas m’y consacrer pleinement ?
L’aventure de la biographie
J’ai alors choisi de mettre ma plume entièrement au service des histoires des autres.
Pour donner toute sa place à cette vocation, je me suis formée auprès d’Anne-Sylvie Pinel. Son enseignement m’a permis d’approfondir ma pratique, d’affiner mon écoute et de mesurer toute la délicatesse qu’exige l’écriture biographique.
Car écrire une biographie ne consiste pas seulement à raconter une vie.
C’est accueillir une parole avec respect. Prendre le temps de gagner une confiance. Écouter ce qui est dit, mais aussi ce qui se révèle entre les silences. Trouver les mots justes pour restituer une voix, sans jamais la trahir.
Aujourd’hui, j’accompagne celles et ceux qui souhaitent transmettre leur mémoire, raconter leur parcours ou préserver un moment précieux de leur existence.
Prendre soin des histoires
Avec le recul, je crois que je dois ma vocation à mes grands-parents.
Sans le savoir, ils m’ont appris que les souvenirs sont des trésors. Qu’ils méritent d’être écoutés, préservés et transmis.
Depuis, chaque rencontre confirme cette conviction : aucune vie n’est ordinaire lorsque l’on prend le temps de l’écouter.
Il me plaît d’imaginer qu’un jour, votre livre trouvera sa place dans la bibliothèque familiale. Qu’il sera ouvert par un enfant, un petit-enfant ou un proche curieux de découvrir, à travers vos mots, une part de son histoire.
Parce qu’au fond, une biographie n’est pas seulement un livre.
C’est une voix qui continue de se transmettre.
Une présence qui demeure.
Un héritage d’amour, de mémoire et de mots.