La rentrée d'une écrivaine-biographe, entre récits de vie et nouveautés

Laetitia Armenoult, écrivaine biographe, prête pour accueillir des nouveaux clients qui souhaitent écrire leur récit de vie

Que peut-on bien trouver dans le cartable d’une écrivante-biographe ? Des cahiers et des stylos tout neufs, bien sûr ! Mais aussi un dictaphone, un chargeur de téléphone, un carnet pour mes listes diverses et variées (cela m’évite d’oublier ma tête parfois !), et un agenda qui se remplit peu à peu de projets exaltants. Je vous raconte?

Cela fait quelque temps déjà que les derniers jours d’août me semblent se parer d’une lumière particulière.

L’été n’est pas tout à fait terminé, mais quelque chose, déjà, se prépare. Les cahiers tout beaux, tout neufs s’apprêtent à recevoir leurs premières lignes, les livres se couvrent de plastique transparent et les cartables attendent sagement leur heure. Pour beaucoup d’entre nous, septembre vient clore la parenthèse des vacances et s’accompagne d’un doux parfum de nouveauté.

Je retrouve aujourd’hui le même mélange d’enthousiasme et d’appréhension qui me saisissait enfant.

Galvanisée par la rentrée des classes, je retrouvais avec bonheur mes amis, à qui j’avais tant de choses à raconter. Il y avait aussi le retour aux cours de danse et les retrouvailles avec mon professeur, Isabelle, celles avec Jeanine, la cantinière, et celles avec Mademoiselle C., l’intendante, que j’aimais beaucoup.

À mes yeux, la rentrée était synonyme de continuité autant que de nouveauté, d’explorations inattendues, de promesses et de surprises.

Il y avait quelque chose de délicieux dans cette page blanche qui s’ouvrait devant moi.

Bien des années ont passé. Pourtant, cette sensation est restée intacte.

Devenue écrivaine-biographe, je retrouve chaque rentrée avec cette même curiosité : celle de découvrir les histoires, les visages et les voix qui viendront peupler les mois à venir.

Et cette rentrée 2026 s’annonce particulièrement riche.

Terminer la biographie d’un jeune homme aux 89 printemps

Il y a d’abord un livre que je m’apprête à terminer.

Celui de G., 89 ans qui, au fil de nos entretiens, m’a confié le récit de sa vie, construite avec courage, amour et persévérance.

Ingénieur dans le secteur du BTP, il s’est construit en autodidacte. Mais au fil de nos conversations, j’ai découvert bien davantage qu’un parcours professionnel.

Derrière la réussite se dessine une histoire infiniment plus riche qu’une simple succession de diplômes et de fonctions.

Il y a l’enfance. Les premiers choix. Les difficultés qu’il a fallu surmonter.

Les rencontres qui ont compté. Les occasions saisies, parfois au prix de beaucoup de travail.

Et cette volonté, toujours, d’avancer.

C’est peut-être ce que j’aime le plus dans l’écriture d’une biographie : aller au-delà des faits pour comprendre ce qui les relie.

Un parcours professionnel peut tenir en quelques lignes sur un curriculum vitae. Une vie, elle, demande davantage de temps.

Elle demande des détours, des souvenirs, des silences parfois. Elle demande aussi que l’on s’attarde sur ces détails qui, en apparence, ne sont rien et qui, pourtant, racontent une personne.

Il me reste encore quelques pages à écrire avant de pouvoir poser le dernier mot sur ce récit.

Et, à l’approche de cette dernière ligne, je ressens déjà cette étrange impression que connaissent sans doute tous ceux qui écrivent : celle de devoir bientôt quitter une histoire dans laquelle on a vécu quelque temps.

Car lorsqu’on recueille une vie, quelque chose se crée.

Une confiance. Une forme de complicité aussi. Parfois même, une amitié.

Puis vient le moment où le livre doit s’en aller vivre sa propre vie.

Un moment que l’on peut redouter un peu, parce qu’il signifie la fin d’une aventure partagée.

Mais c’est aussi un moment de joie immense : celui où l’histoire, enfin devenue livre, peut quitter les mains de celle qui l’a écrite pour rejoindre celles de celui qui l’a vécue.

Et peut-être, un jour, celles de ceux qui la liront.

Deux voix pour une même histoire

À cette biographie qui s’achève viendra bientôt s’en ajouter une autre.

Un nouveau projet, cette fois à deux voix : celle d’un couple.

Deux personnes, deux parcours, deux mémoires qui se croisent et se répondent.

J’aime beaucoup l’idée de cette écriture à deux voix. Parce qu’un même événement peut laisser deux souvenirs différents.

Parce qu’une rencontre peut être racontée depuis deux regards.

Parce qu’entre ce que l’un se rappelle et ce que l’autre a retenu se dessine parfois une histoire plus riche encore.

Écrire une biographie à deux voix demande une attention particulière : laisser à chacun son espace, respecter sa manière de raconter, faire entendre deux sensibilités sans jamais les confondre.

Il faudra écouter. Beaucoup.

Chercher les échos, les différences, les silences.

Et trouver peu à peu le fil qui permettra à ces deux voix de devenir un même récit.

Je ne sais pas encore quelle forme prendra cette histoire.

Et c’est précisément ce qui me plaît !

Chaque nouveau projet commence ainsi : avec quelques pages blanches et beaucoup de questions.

Écrire ensemble

Et puis, cette rentrée me conduira aussi dans un autre lieu : une bibliothèque, où j’aurai le plaisir d’animer un atelier d’écriture.

Là encore, il sera question d’histoires.

Mais cette fois, je ne serai pas seule à écouter. Nous écrirons ensemble.

J’aime profondément l’idée de ces ateliers. Il suffit parfois d’une photographie, d’un parfum, d’un lieu ou d’une phrase pour qu’un souvenir que l’on croyait oublié refasse doucement surface.

On commence avec quelques mots. Puis une image revient. Une voix. Une maison. Un visage.

Et soudain, les visages s’illuminent et une page se remplit.

Écrire un souvenir, ce n’est pas nécessairement chercher à raconter toute sa vie. C’est parfois simplement retenir un instant avant qu’il ne s’éloigne.

C’est aussi découvrir que l’on possède en soi beaucoup plus d’histoires que l’on ne le pensait.

Dans un atelier d’écriture autobiographique, je souhaite avant tout offrir cet espace : celui où chacun peut prendre le temps de regarder son propre chemin et de trouver les mots qui lui ressemblent.

Une nouvelle année commence

Lorsque septembre approche, je retrouve ainsi cette sensation ancienne.

Celle du cahier neuf.

De la page encore vierge.

De toutes les histoires qui ne sont pas encore écrites.

Cette année, il y aura un manuscrit à terminer, une nouvelle biographie à commencer, deux voix à faire dialoguer et des textes à faire naître autour d’une table de bibliothèque.

Il y aura des rencontres.

Des souvenirs.

Des hésitations, sans doute.

Des éclats de rire aussi.

Et beaucoup de mots.

Je crois que c’est pour cela que j’aime tant la rentrée.

Elle porte en elle une promesse : celle de ne pas encore savoir ce que les pages vont raconter.

Mon cartable est prêt.

Les cahiers sont ouverts.

Et quelque part, déjà, trois nouvelles histoires attendent leur tour…

Et si la prochaine histoire était la vôtre ?

Vous souhaitez écrire votre biographie, transmettre les souvenirs d’une famille ou offrir à un proche le livre de son histoire ?

Je serais heureuse d’échanger avec vous autour de votre projet.

Écrivons ensemble votre histoire
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